25/12/2012

MANIFESTE DE LA LIGUE NATIONALE DE LA JEUNESSE PATRIOTIQUE-3

 

Les boutiques, les stations d’essence ou autres, ne se sont-elles pas multipliées le long des rues de Cotonou et à travers tout le territoire depuis sept ans ? Et ce, en dépit de l’abattement général des 25% ! C’est là la réalité qu’on veut à tout prix nous cacher.

L’Etat dahoméen est pauvre, et ce à cause de la politique de vassalisation et de démission nationale de ceux qui l’ont dirigé jusqu’à ce jour : soit ! Mais, le Dahomey, notre Patrie, Non ! Au risque de passer pour des « fous » aux yeux de certains, nous osons affirmer aujourd’hui que le Dahomey n’est pas pauvre ! Ses richesses ne profitent pas à ses fils qui les produisent, mais aux puissances étrangères qui nous exploitent : c’est là une réalité qu’on à le devoir de reconnaître. Le reste n’est que pure mythologie.

Le Dahomey est riche ! Il est riche des bras vigoureux et des cerveaux créateurs de ses fils, il est riche de la vitalité de sa jeunesse, pourvu que le peuple ait confiance en lui-même, s’organise et se mobilise dans une lutte à la dimension des temps pour la suivie de la patrie. Le Dahomey est riche de ses terres et de ses eaux qui ne demandent qu’à être exploitées par et pour les Dahoméens. Notre pays est riche d’un potentiel humain, intellectuel et moral insoupçonné qu’aucun régime politique jusqu’ici n’a jamais su mettre en branle dans la voie de la construction nationale. Telle est la vérité !

Mais la vérité aussi, c’est que notre économie est dominée par la mainmise étrangère sur notre commerce par la Chambre de Commerce, les Cies FAO, SCOA, J. WALKDEN, J. HOLT ? G. NEGRE ? CITEC (Boussac), BATA, CCDEE, SOCOPAO, les assurances…le tout solidement encadré et appuyé des Banques étrangères par lesquelles notre argent est pompé et déversé hors de nos frontières. Notre agriculture est aux  mains des organismes « d’intervention étrangères » (!!) tels que les SATEC., BDPA, CFDT ? (Boussac) ? CAITA qui se comportent en vrais seigneurs de nos terres, fixent arbitrairement les prix d’achats de nos produits aux paysans impuissants. A ce sujet, un seul exemple entre mille autres non moins révoltants nous édifierait : c’est que, dans un village agricole pilote de Kétou, sur une vente totale de 1 300 000 francs de coton pour la campagne 1967 – 1968, la CFDT prélève 684 000 francs pour les frais d’insecticide et d’engrais ; soit 54,50% du prix de vente  total !!! Que resterait-il au paysan producteur après déduction du  prix de la main d’œuvre et des frais divers ? Du servage en plein XXe siècle ! Et dans un pays qu’on dit volontiers « essentiellement agricole » (!!) le paysan n’a plus la possibilité d’obtenir un crédit agricole, parce que ses crédits sont réservés de préférence aux organismes « d’intervention » précités. Paradoxe peut être ? Mais toute fois politique conséquente et concertée de l’impérialisme ! Car en fait, on pourrait se demander si les nombreux ingénieurs agronomes, du Génie Rural, des Eaux et forêts et des Travaux Agricoles dont le Dahomey peut aujourd’hui se glorifier, n’ont été formés dans les grandes écoles d’Europe que pour être chez eux claquemurés dans les bureaux moisis et vides où ils s’ennuient et s’enrhument. Ces cadres nationaux, on ne peut plus valables, ne pourraient-ils pas remplacer efficacement les agents de ces fameux organismes « d’intervention » qui interviennent un peu trop dans notre économie ?

Tout irait certainement mieux si les sociétés d’exploitation capitalistes de la place étaient sérieusement contrôlées et correctement imposées, si une politique conséquente des prix et des loyers était pratiquée et si la nationalisation hardie de certains secteurs d’activités vitaux de la Nation était engagée.

(EXTRAIT DU MANIFESTE DE LA LIGUE NATIONALE DE LA JEUNESSE PATRIOTIQUE LNJP 09 FEVRIER 1968)

 


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